Thursday, August 24, 2006

Les retrouvailles

Au fond d'un café de plage,
autour d'un mojito sucré
je retrouve un ami oublié
je libère mes regrets en cage
et nous voilà à causer
de tout ce qui est enfoui
ce que nous avons enterré
en somme, des racines de nos vies

Mais certains de nos idéaux
flottent toujours un peu plus haut
nous n'avons pas vendu notre peau
nos chimères et notre drapeau

Les réflexes se retrouvent vite
si quelques années séparent aujourd'hui
d'hier et de nos utopies
nos projets restent fantastiques
les verres se vident plus vite
et nous voilà, toute la nuit
à causer de choses non finies
i won't never forget it

Si les échecs sont nombreux
si les remords sont légion
je souris toujours à l'horizon
et j'attends un futur radieux
il est des espoirs infimes
looking like cumfortable highways
from hell to a beautiful place
let's be carried by the stream

Tuesday, August 15, 2006

Det er mig der holder træern sammen - 1

Première journée après une nuit sans sommeil (comme celle où j’écris ces lignes), quelques péripéties dans un aéroport bordélique.
Me voilà revenu à Kastrup Airport, un an après l’avoir quitté.

Je retrouve vite les quelques mots de danois que je connaissais et je file sans perdre de temps vers le premier train pour Copenhague, objet de mes rêves depuis tant de mois, souvenirs des temps heureux.

I was in love with the place, in my mind, in my mind – Sufjan Stevens in Chicago

Avant que j’apprenne qu’il y avait des jours après le lendemain, je buvais beaucoup de bières – Gaston Dunord

Débarqué comme un intrus dans une ville que je connais pourtant par cœur, me voilà hésitant sur le chemin à suivre. Une fois mes bagages et mes bouteilles de vin déposés en consigne, je commence à suivre le flot des touristes, de Københavns Hovedbanegård à Rådhuspladsen. Les premiers sourires affluent, accompagnés des premiers souvenirs.

Si la ville n’a pas changé, si la ville n’a apparemment conservé aucune trace de mon passage, c’est comme si, à chaque rue, chaque recoin, un bout de ma vie ressurgissait. Ici, j’ai pique-niqué avec cinq espagnoles. Là, j’ai joué au babyfoot avec deux danoises lesbiennes et un finlandais qui résistait rudement bien au whisky. Sous ce porche, j’ai vomi une (ou deux) fois.
Cette ville est en moi, j’y ai joué des épisodes sanglants de ma vie, des règlements de compte, des films d’amour à l’eau de rose.

Alors, au premier kiosque, j’achète une bière fraiche, une tuborg que je n’ai pas goutée depuis tant de temps. Je traverse Kongens Nytorv, retrouve Nyhavn et ainsi, me pose au bout du canal, sous les morceaux d’un groupe de jazz, les notes de la trompette berçant à merveille mes lèvres dans la bière. N’ayant pris aucun repas depuis près de 24 heures, je sombre dans une ébriété savoureuse. Sous le jazz, j’y passe de longues minutes. Petit à petit, je me fonds dans le paysage, malgré mes cheveux noirs. Du touriste que j’étais en débarquant, je deviens à nouveau l’étudiant expatrié, qui pensait anglais, qui vivait danois. Encore une fois, si les Danois ne me reconnaissent pas, je fais pourtant partie des leurs.

Sortant de ma léthargie, je me dirige vers Ørsted Have, un parc en plein centre-ville, comme une enclave isolée. Les Danois s’y retrouvent, avec des bières, entre potes, entre filles, entre couples. Ici, j’ai beaucoup profité du printemps. Le terrain, en pente vers un plan d’eau est idéal pour une sieste ou un apéro. Il parait que de nuit, c’est un lieu propice aux rendez-vous homosexuels. A vrai dire, la seule fois où j’errais ici après minuit, croyez-le ou non, j’étais à la recherche d’un bus de nuit, un jeune homme a voulu m’embrasser. Ayant gentiment mais fermement [1] refusé ses avances, il m’avait alors parlé du libéralisme français sur les mœurs, quand le Danemark faisait figure de référence. Bref…

Arriva ce qui devait arriver, je m’endormis sur le coup d’une seconde bière.



[1] Une bière à celui qui trouve la référence