La route continue
Double déception ce dimanche, parce que je pensais que Ségolène Royal aurait été une formidable présidente, parce que je pense que Nicolas Sarkozy est dangereux pour la cohésion de notre pays. Je reprends donc et fait mienne une phrase de la candidate socialiste, si on gagne, on n'arrête pas, si on perd, on continue.
Je ne me suis jamais autant impliqué que lors de cette élection, il est hors de question d'abandonner maintenant, de laisser à leur propre sort des gens qui vont souffrir d'une politique de droite décomplexée et d'un leader sans aucune empathie pour la misère des gens. J'avais longtemps pensé à l'expatriation en cas de résultat défavorable mais je ne veux plus fuir.
Si je dois repartir, et Dieu sait que j'en rêve, ce sera pour un projet ambitieux, pas pour échapper à une menace dont je ne suis pas la cible prioritaire. Je ne veux plus fuir.
Pendant ce temps-là, rue de la Roquette, les vagues de gaz lacrymogènes roulaient entre les immeubles, tel un raz de marée accompagné de ses poissons-pilotes, qui couraient pour s'échapper. Image surréaliste. Plus tard, du boulevard Richard-Lenoir, la vue sur la place de la Bastille me fascine, comme submergée par un incendie, les fumées des gaz montant jusqu'à hauteur des plus hauts immeubles, à moitié de la colonne de Juillet.
Pendant ce temps-là, il reste encore un peu de poésie et musique dans les rues de Paris [1].
[1] après avoir grandieusement inventé et répandu le concept de concert à emporter, la Blogothèque s'imisce dans la vie de tous les jours. Merci à eux.

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