Sunday, July 22, 2007

At least, that's what you said

Il y a deux jours, vers cinq heures du matin, je rentre dans la gare de Nørreport, et je respire une dernière fois l'air de Copenhague, comme si c'était la dernière fois que je voyais cette ville. Etrangement, mon regard se porte finalement sur deux drapeaux de l'Union Européenne dans une rue de biais. Détail surprenant dans un pays refermé sur lui-même.

Je quitte la chambre de N et j'ai comme un trou dans la poitrine, car je sais bien que jamais je ne la retrouverai telle qu'elle. Jamais je ne reverrrai cette fille qui paraissait si loin de moi et en qui j'avais pourtant trouvé, après une bière de trop, quelqu'un de si proche, avec les mêmes angoisses et espoirs et la même solitude.

J'ignore si nous survivrons, ma seule certitude est l'absence de N aujourd'hui, hier et encore demain. Sa présence, arrivée si vite et évidente au bout de quelques semaines, m'apparaît tellement indispensable que mon coeur bat avec difficulté depuis deux jours, à la pensée de ce départ inéluctable. Et ses derniers mots, qui sont ceux qu'on désire le moins entendre, ceux qui font partie du jeu, sont ceux qui me font souffrir ce matin et les jours qui suivent. Parce que c'est ce qu'elle a dit, et que je n'y retrouve pas ses gestes, mais qu'ils sont les seuls que je doive croire, alors que je me dirige vers l'aéroport.

Une fois dans la salle d'embarquement, je m'assieds, ferme les yeux et ne peux retenir mes larmes, au mépris de toute dignité.
Plus tard dans la journée, dans les couloirs au boulot, une fois seul, je pleure fort et en silence et je voudrais tant être autre part.
Le soir, au téléphone, je ne trouve pas les mots, je cède une fois de plus et c'est comme si ma bouche refusait de prononcer quoi que ce soit, seules quelques suffocations s'échappant.

Parce que l'espoir et l'amour ont beau remplir un peu le trou dans ma poitrine, je n'entends que ce que tu m'as dit.


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