Bande originale
La première fois que j'ai entendu everybody got to learn sometimes, c'était un soir d'été en face d'un rayon de soleil éternel, dans un parc à la périphérie [1] de Copenhague, à la fin de mon séjour dans le nord. Aux côtés de M, dont les cheveux blonds m'avaient autrefois remué le coeur, c'est étendu sur une couverture et entouré de danois et de leurs bières que je vois le film. Quand joue le générique de fin, je cède instantanément sous le chant de Beck. Plus tard, je l'entendrai souvent au Portugal et je comprendrai des années ensuite qu'il s'agit d'une reprise d'un vieux morceau des années 80, d'un groupe éphémère qui essaya de profiter d'une nouvelle vague.
A vrai dire, j'avais déjà entendu ce morceau, puisque c'était tout à fait le genre de chanson qui clôturait les soirées dans les écoles de Copenhague, notamment CBS. Ces soirées qui étaient notre point d'entrée dans la capitale, nous, élèves ingénieurs exilés de fait dans la banlieue verte. Les filles étaient superbes.
A la fin, le DJ jouait toujours un morceau ou deux de cet accabit, sur lequel il est impossible de danser.A cette heure-là, les filles et les garçons qui cherchaient preneurs se sont trouvés, ceux qui boivent trop se sont affaissées, ceux qui savent être raisonnables sont rentrés sous leurs couettes. Seuls restent les gens comme moi, prêt à tout pour une bière de plus et des minutes gagnées sur la gueule du bois du matin. On pense aux amis avec qui on aimerait partager ces moments savoureux, aux filles qui ont hanté ta soirée ou juste ta vie. Parfois on cause à ceux qui nous ressemblent, que l'on oubliera dès les yeux fermés. Le chemin du retour se fait un peu plus long que d'habitude car hésitant et mon humeur sur le trajet est une joie retenue d'être simplement vivant, ou alors une tristesse de t'avoir perdue il y a longtemps déjà.
Quand depuis j'écoute everybody got to learn sometimes, en toutes circonstances, je pense à toi et je pense aux nuits alcooliques dans les villes que j'aime et je sais que ce morceau serait à coup sûr sur la bande originale du film auquel je voudrais que ma vie ressemble.
A vrai dire, j'avais déjà entendu ce morceau, puisque c'était tout à fait le genre de chanson qui clôturait les soirées dans les écoles de Copenhague, notamment CBS. Ces soirées qui étaient notre point d'entrée dans la capitale, nous, élèves ingénieurs exilés de fait dans la banlieue verte. Les filles étaient superbes.
A la fin, le DJ jouait toujours un morceau ou deux de cet accabit, sur lequel il est impossible de danser.A cette heure-là, les filles et les garçons qui cherchaient preneurs se sont trouvés, ceux qui boivent trop se sont affaissées, ceux qui savent être raisonnables sont rentrés sous leurs couettes. Seuls restent les gens comme moi, prêt à tout pour une bière de plus et des minutes gagnées sur la gueule du bois du matin. On pense aux amis avec qui on aimerait partager ces moments savoureux, aux filles qui ont hanté ta soirée ou juste ta vie. Parfois on cause à ceux qui nous ressemblent, que l'on oubliera dès les yeux fermés. Le chemin du retour se fait un peu plus long que d'habitude car hésitant et mon humeur sur le trajet est une joie retenue d'être simplement vivant, ou alors une tristesse de t'avoir perdue il y a longtemps déjà.
Quand depuis j'écoute everybody got to learn sometimes, en toutes circonstances, je pense à toi et je pense aux nuits alcooliques dans les villes que j'aime et je sais que ce morceau serait à coup sûr sur la bande originale du film auquel je voudrais que ma vie ressemble.
[1] existe-t-il un plus beau mot que périphérie ?

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