Saturday, February 21, 2009

Birds

Après une maladie de passage, tard la nuit, je retrouve ma ville en la traversant à pied, je croise la Seine et vois au loin la Bastille éteinte, que je rejoins sans peine.
Je retrouve ma ville comme je l'avais laissé avant de rentrer dans l'hiver. Tout janvier elle m'a ennuyé, j'étais rongé par l'inaction dans laquelle j'étais plongé, je voulais des choses qui n'étaient pas là, et la neige qui revenait toutes les semaines m'anesthésiait.

Je me réveille, dans la fraicheur des premiers jours qui s'allongent. Dans la rue qui remonte vers Voltaire, les deux cent premiers mètres sont en travaux et donc l'ensemble de la rue est condamnée: le plaisir d'y marcher sur l'asphalte, seul au monde et loin du bruit me fait ralentir le pas. Il est plus de trois heures du matin, je ne suis pas saoul et j'ai tout mon temps. Je connais ces rues et leurs noms par coeur et si cela fait longtemps que je ne les ai pas vues, à une heure avancée, je n'ai pas besoin de fouiller longtemps ma mémoire pour y retrouver l'ensemble de ma vie d'ici et de celles d'avant aussi.

Je retrouve ma ville, avec un corps en état de marche (le coeur le sera bientôt), on y trouve des Juliette et des Victorine. Après une bonne heure de marche, j'arrive sur un des boulevards populaires et m'assieds, cul sur le trottoir, pieds sur la chaussée. Tout est vivant, des taxis, des gens à pieds ou à vélos, des vieux arabes, tout est vivant mais calme, dans ma ville étrangement apaisée. J'entends clairement, depuis une dizaine de minutes des oiseaux siffler, pas un, pas deux, une bonne poignée dans la nuit, loin du soleil. Ce sont les premières promesses de l'année qui s'annoncent.

Un bus de nuit arrive. Au prochain arrêt, un type à l'accent prononcé, un peu perdu, montera avec une chaise et s'y assiera, juste à la droite du conducteur. J'ai retrouvé Paris.






Loic Lantoine - Pierrot - c'est parfois (souvent) la nuit qu'on se sauve

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