Sunday, November 29, 2009

Un nombre d'or fait d'une fille et de nuages

Elle se tient dans la fenêtre, fume sa cigarette et boit son verre de vin. Elle est immensément petite entre les montants, elle se tient exactement au milieu et prend pourtant toute la place, qu'elle me regarde et me parle ou qu'elle soit tournée vers la rue. Au pied de l'immeuble, la place Faidherbe-Chaligny, typical Paris, et derrière son corps les nuages orangés qui traînent sur la ville et les immeubles haussmaniens, encore et toujours. En bas, on entend les derniers marginaux de Bastille qui profitent de la Liberté.
Nous buvons une bouteille de Poulsard, elle a le goût de la terre, l'odeur du nourrisson et le souvenir de lourdes journées d'été.


and also the trees - slow pulse boy

Saturday, November 28, 2009

Untitled

Rue de la folie méricourt: un tabac qui s'est métamorphosé en bar, terrasse en recoin de la rue, sans-fil, nouvelles salles aux murs blancs mais on a gardé les cigarettes et les jeux de malchance. Deux filles suffisamment vulgaires pour être sexy, suffisamment jolies pour se le permettre, chantent fort des morceaux ringards ou punks pour l'anniversaire de l'une d'entre elles. Elles nous offrent des fricadelles et j'essaie tant bien que mal de saisir le regard de la blonde. En désespoir de cause, je me contente du rouge de ses lèvres. Nous sommes dimanche après-midi et certaines prolongent un état qui ne devrait jamais retomber.
Ensuite, une porte cochère nous donne l'accès à une ancienne cité ouvrière, pavés et plantes sur les côtés, un théâtre nous protègera de la pluie.

Friday, November 20, 2009

This side of paradise

Oh, vieux coeur dévoué qui si longtemps peina pour moi,
Je gâche mes années dérivant sur la mer

Thursday, November 05, 2009

No siam

C'est juste une ferme avec quatre murs, une cour et un toit. Juste une ferme qui change de main et qui passe de l'autre côté, un côté où je ne pourrai plus aller. C'est l'endroit où je passais des journées au ralenti, au lendemain de nuits blanches, au ralenti où je rejouais les premiers amours, les amis, la joie d'être vivant et entouré. Souvent ensuite venaient la fin de l'excitation et l'amortissement des vagues. L'humeur changeait mais la chambre était la mienne alors j'attendais juste un nouvel élan.
Un nouvel élan que je venais aussi chercher là, où j'encadrais parfaitement nord, sud, ouest, est, quand j'avais parcouru un peu trop de route, quand les villes et les pays m'ennuyaient. Je parlais aux murs qui ne me répondaient pas mais m'écoutaient, puisque je continuais jusqu'à ce que je puisse repartir.
Après le portail, on trouve la cour dont le barycentre était marqué d'un pavé de Belgique et en contre bas, un carré d'herbe. Un des murs le longeant s'est un jour écroulé et de là, on voit maintenant à perte de vue, les prés, les bois, la vallée, les monts, l'océan et l'Amérique les jours de beau temps.
C'est donc juste une ferme et j'ai peu de regrets à la quitter, puisque c'est juste dix ans de bouquins et de lumières dans la plaine.



Lou Barlow