Je rêve de traverser les Alpes en voiture, seul ou accompagné de personne. Arriver dans un pays si proche, la Suisse, si proche que je n'ai jamais pris la peine d'y mettre les pieds. Me poser là, prendre une bière.
Y laisser toute cette année passée, ce qu'il y a eu de triste, ce qu'il y a eu de fatigant, les gens de trop, les gens qui se sont absentés. Ce que je n'ai pas fait, ce que j'ai trop vite abandonné.
Twenty ten, je serai un gosse à nouveau, un enfant costaud comme pas deux, avec des livres et des idées, un gosse qui pourra être amoureux et qui s'émerveillera encore de quelques chansons.
La triplette de morceaux Paper planes - Township funk - Sound of Kunduro que j'ai écouté en boucle en 2008 m'a peut-être éloigné du folk, je n'écoute plus tout ce qui passe avec une voix et une guitare sèche, je n'ai même pas jeté une oreille sur le nouvel Emily Jane White (dont j'étais pourtant éperdument amoureux) ou Great Lake Swimmers et tout ce qui se fait de sobre et de dépressif n'est plus pour moi le summum de la chanson. Je suis maintenant beaucoup plus attiré par tout ce qui fait ressortir l'odeur de la ville et des trottoirs, ça veut dire des beats et des sons electro, des chansons d'amour funky et donc:
#1 massive attack - splitting the atom ep Quatre titres suffisent pour remporter l'année haut la main, quatre titres qui s'infiltrent très loin dans ma tête, se faufilent et n'en sortent finalement pas, ça ne ressemble pas à ce que le groupe faisait avant, ni à personne d'autre mais le morceau éponyme donne le ton. Vivement 2010 et le prochain album.
#2 mayer hawthorne - a strange arrangement mayer aime les filles et surtout tomber amoureux, puis désamoureux, brise des coeurs, recolle le sien. Sa tournée s'appelle le lonely hearts club tour, il est accompagné d'un groupe soul qui maitrise le rythme et la mélodie, si bien qu'on a qu'une envie: se laisser porter par la voix et les chansons, se dire qu'on enverrait bien le tune à cette brune, ou cette blonde, pour la quitter ou pour la demander en mariage.
#3 the whitest boy alive - rules C'est la voix d'Erlend Oye mais pas seulement, c'est le clavier qui l'accompagne, c'est la batterie qui ne s'éloigne jamais des rythmes des boites à rythmes, c'est le pied qui ne peut s'empêcher de taper le sol, c'est une sorte de funk electro. Pas de tube comme dans le précédent album mais une idendité et une unité remarquables. En boucle aussi, l'air de rien. Et on oublie sans scrupule les Kings of Convenience.
#4 bell orchestre - as seen through the windows Quelques transfuges d'Arcade Fire se la jouent instrumentaux et mélodiques, absolument indescriptibles. On ne parle plus de morceaux ou de chansons mais d'harmonie entre cor des bois, trompette, violon, contrebasse. Unique, forcément unique, parce qu'on ressent de la gentillesse et de la générosité dans toutes les notes.
#5 fever ray - fever ray La chanteuse de the Knife prend ses aises et donc son envol. En jouant avec des ambiances et des lumières, je me retrouve plongé au milieu de ses angoisses, l'incapacité à voir le jour et la fin du monde qui approche.
#6 beirut - march of the zapotec + holland: realpeople Zach Condon continue son chemin de croix, continue de voyager et d'assimiler les musiques des lieux qu'il visite. Après les Balkans et Berlin, après Paris et ses films en noir et blanc, il nous sort deux EP, l'un contenant des chansons funéraires mexicaines, joués avec les orchestres sur les zocalos, l'autre des morceaux electro typiquement européens, boite à rythme, synthés, voix.
#7 animal collective - merryweather post pavillion Je ne sais pas si ce disque ne mérite pas la première place, vu le nombre d'écoutes dans le premier semestre, c'était en boucle en boucle en boucle, à la maison, sur l'ipod, au boulot. Hélas, en décembre 2009, je préfère les six albums au dessus et si les morceaux comme my girls ou in the flowers contiennent des mélodies et des textes superbes, elles s'effacent très vite devant brothersport, le morceau qui clôt l'album, pour moi l'équivalent d'un whole lotta love au niveau du n'importe quoi, de la révolution et du génie. Animal Collective sera sûrement le groupe le plus reconnu dans les années à venir, si ce n'est déjà fait.
#8 bill callahan - sometimes i wish we were an eagle Saint-Malo, Bill Callahan en solo se produit devant une foule éparse, constituées de jeunes trentenaires parisiennes et de types comme moi, un peu tous perdus, un peu tous solitaires. Il faut l'être pour retrouver un peu de soi dans chaque morceau du chanteur échappé de Smog. Qui s'escrime à écrire les plus belles chansons d'amour, brisés évidemment, qui once got darker, then lighter, now is dark again. La classe absolue.
#9 warpaint - exquisite corpse ep Electrelane n'est plus, Cansei de ser sexy a perdu de sa fraîcheur alors il me manquait un groupe de filles qui pense la musique comme des mecs et qui la jouent comme des filles, ou l'inverse je ne sais plus. Un EP, très court, où des guitares s'entrechoquent sans jamais devoir monter le son et où des voix de filles semblent me murmurer tous les reproches de la terre.
#10 fuck buttons - tarot sport Un duo de machines, des voix sous extasy et effets, des morceaux de dix minutes sans mélodie, tout dans la progression et le beat, les couches qui se superposent et le sentiment de malaise parfois, d'envie de boire des bières souvent, d'isolé toujours.
Pour les concerts, les trois premiers de ce top, respectivement au zénith de paris, à la bellevilloise et au nouveau casino. Pour la maitrise des premiers, l'amour du second, la gentillesse des troisième.
Le morceau de l'année pour Elvis Perkins, avec Shampoo. Quand le bonhomme arrêtera de tout mettre dans chaque premier morceau de ses albums, on aura peut-être des disques qui tiendront un peu plus que quelques mois. Un autre morceau pour danser avec le tube des Passion Pit, Sleepyhead, à écouter les soirs de semaine dans les bars, entre une et deux heures du matin, ça fait oublier le lendemain et donne envie de danser.
La petite fierté, c'est d'avoir vu le pire groupe du monde selon Pitchfork, à Manhattan, et de l'avoir apprécié. Et d'entendre leur reprise de fight for your right to party des Beastie Boys. C'était Boy Crisis, c'est du MGMT mais en beaucoup mieux (c'est à dire pas grand chose mais ils ont le mérite d'avoir les clips les plus kitchs du moment).
Everywhere we go, it's just a walk in the park, c'était un peu mon année 2009.