Laisse tomber
Je me libère d’un poids, quitte sans hésitation ni temps
mort le pays, prend un ferry, débarque sur une île remplie de moutons, de vent
et de pluie. M’endors.
Un seul rêve cette nuit-là. Un homme se tient à mes côtés, à
la maison mais surtout au travail. Il est obèse, on croit qu’il dort, on attend
qu’il se réveille. Il est là devant les portes de sécurité, on croit qu’il dort
chaque matin en arrivant, chaque soir en sortant. Personne ne le dérange. Au
bout d’un an ou deux, on se rend compte qu’il est mort depuis le début de
l’histoire. Il n’a pas pourri, il est juste inerte et mort.
