Tuesday, September 02, 2008

Blind

samedi matin à la flèche d'or, tôt vers cinq heures, le dj joue un morceau où l'on reconnait la voix de mick jagger et les choeurs de you can't always get what you want et c'est tout ce qu'il reste d'une longue chanson de plus de sept minutes. le son est noyé dans des sons electro que le rhum pamplemousse accompagne de nos pas de danse.
je suis un brin éméché, accompagné de deux vieux amis, de ceux que l'on oublie pas. les bars sur les pentes ont porté nos corps jusqu'ici, au gré du vent et de l'heure qui passe. dix ans auparavant, nous étions plus petits, plus sages, plus timides. nous ne nous doutions pas que nous nous retrouverions là, fiers de l'âge de nos artères et de nos échecs, et je suis ravi de nous voir ici partager un morceau reconstruit qui avait bercé mon enfance, quand je l'écoutais avec mon frère et mon père. plus tard, je me rappelle l'avoir dans les oreilles à volume élevé, un autre matin précoce, station république, j'avais parlé à la plus jolie fille du monde, elle était mexicaine, étudiait à dijon. Je m'étais ensuite caché derrière les écrans des caméras du bout du quai, j'attendais le premier métro et observais tous ces gens saouls qui ne me voyait pas - je ne l'étais pas moins. le bouton volume était sans doute poussé à son maximum et ce morceau me rendait plein d'espoir.

ici, à la flèche d'or, dix-huit mois plus tard, la fille qui danse à mes côtés a un piercing entre deux seins parfaits, l'aborder gâcherait tout. ces fantaisies doivent rester des souvenirs. qu'importe, danser sur un classique rajeuni de fort belle manière me suffit : les paroles sont toujours là, et les voix des choristes continuent de me pousser dans le dos. je lève les yeux au ciel, au plafond, pas de boule à facettes, peut-être ton ombre qui couvre paris s'est faufilée dans la salle alors je l'invite à danser avec moi.


soulwax - you can't always get what you want

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