The book and the canal
Dans le bar qui borde le canal, j'ai vu une fille qui pleurait. Elle était dans les bras de son amie et je voyais ses soubresauts, imperceptibles, et je voyais ses poings fermés quand on essayait de la consoler. Les deux se séparent parce qu'il n'y a plus de courage à partager. Les larmes ne coulent pas mais les joues sont trempées. Cette fille pleurait comme l'orage est tombé sur l'eau, alors que le printemps, le mois de mai tentaient de nous réchauffer. Il avait déjà plu dans la journée mais en cette fin d'après-midi, malgré le dos qui me brûlait, les nuages noirs s'emparaient du ciel sans coup férir.
Alors tous sont rentrés au Jemmapes, qui vendaient les bières aux promeneurs qui se laissaient s'arrêter. Dehors était noir, dehors était sombre et nous étions dans un refuge surpeuplé. Un refuge parisien, avec le grand miroir au mur, la toile sur la terrasse et la rue qui s'affichait noire. La fille pleurait et je me disait que j'avais envie de pleurer moi aussi, comme tant de fois auparavant. J'avais envie de pleurer, comme je le fais un peu partout, et surtout à Paris, parce qu'un être vous manque, ou deux, ou alors ce n'est pas lui mais seulement sa présence. Combien de fois aurais-je aimé qu'une jolie fille, ou simplement une fille, vienne s'enquérir de ma tristesse ? On a toujours besoin de parler, on a toujours besoin de courage, on se sent toujours seul.
Et puis l'orage passe et un arc en soleil - un arc en ciel, donc un soleil - retrouve la rue, le quai, le canal. La lumière grandit et les silhouettes à la porte, on les voit, on les entend. Les gars, les filles, on les regarde sortir, s'allumer une cigarette, passer des coups de fils, ils brillent. On sait que l'orage est passé, comme si une fille me souriait, pour rien, parce qu'une ou deux larmes coulent.
Alors tous sont rentrés au Jemmapes, qui vendaient les bières aux promeneurs qui se laissaient s'arrêter. Dehors était noir, dehors était sombre et nous étions dans un refuge surpeuplé. Un refuge parisien, avec le grand miroir au mur, la toile sur la terrasse et la rue qui s'affichait noire. La fille pleurait et je me disait que j'avais envie de pleurer moi aussi, comme tant de fois auparavant. J'avais envie de pleurer, comme je le fais un peu partout, et surtout à Paris, parce qu'un être vous manque, ou deux, ou alors ce n'est pas lui mais seulement sa présence. Combien de fois aurais-je aimé qu'une jolie fille, ou simplement une fille, vienne s'enquérir de ma tristesse ? On a toujours besoin de parler, on a toujours besoin de courage, on se sent toujours seul.
Et puis l'orage passe et un arc en soleil - un arc en ciel, donc un soleil - retrouve la rue, le quai, le canal. La lumière grandit et les silhouettes à la porte, on les voit, on les entend. Les gars, les filles, on les regarde sortir, s'allumer une cigarette, passer des coups de fils, ils brillent. On sait que l'orage est passé, comme si une fille me souriait, pour rien, parce qu'une ou deux larmes coulent.
Broken social scene - lover's spit
